JCDV #5

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<<< “J’ai changé de vie” Extrait n°5 >>>

La puissance des normes et la force des habitudes

« Ce n’est pas signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade »
 Jiddu Krishnamurti

Nos choix sont-ils vraiment les nôtres ?

Souvent sans en avoir conscience nous avons été intégralement conditionnés, modelés, façonnés par notre éducation et la société dans laquelle nous avons grandi. Notre univers a pu s’élargir – plus ou moins – au fur et à mesure de nos apprentissages, mais nous avons souvent du mal à remettre en question nos croyances, nos bases, nos « connaissances ». Nous acceptons l’idée que certaines personnes « savent mieux que nous ». Mais savent quoi ? Et sur quelles bases ? Et d’après quelle autorité suprême ?

Nos expressions, proverbes, habitudes de langages, méritent que l’on y prête attention… D’où viennent- elles ? Que nous apportent-elles ? Nous ancrons en nous et autour de nous une certaine réalité à chaque fois que nous « validons » mentalement une phrase, même si nous n’avons pas l’impression que c’est important. Et nous nous mentons bien souvent, même sur des choses qui peuvent nous sembler être des détails… « Ça va ? » « Oui oui, et toi ? » Combien de fois par jour échangeons-nous ces mots qui nous semblent anodins. Si cela ne va pas pour nous, nous nous mentons et mentons à l’autre en répondant par habitude, par convenance sociale. Et nous pensons à tort que cela n’a pas d’effet sur nos vies… Sans parler de demander à quelqu’un si ça va alors que nous n’avons pas la possibilité sur le moment d’accueillir la réponse. Nous avons des multitudes de phrases types qui marquent nos journées, encadrent nos relations, dans lesquelles nous nous enfermons. Pensées automatiques, réponses toutes faites, habitudes de langage…

Observez cela sur vous-même et chez les autres, vous serez surpris. La bonne nouvelle, c’est que quand on commence à en prendre conscience et à modifier ces habitudes, les pensées et croyances associées suivent ! Une personne qui verbalise régulièrement « je suis nulle ça ne sert à rien d’essayer » s’en auto-persuade, comme un parent qui répète à son enfant « tu n’y arriveras pas tout seul je vais t’aider » le formate pour intégrer cette croyance au fond de lui. La politesse est l’une des pires choses que notre société ait probablement créé.

Nous apprenons à mentir à notre entourage par convention sociale. Pour le bien de qui ? Qui peut bien être aidé par le fait qu’on ne lui exprime pas ce qui nous passe par la tête ? Sauf que pour comprendre le processus et accepter qu’il soit possible de faire autrement (on pourrait nommer cela l’apprentissage de l’hygiène relationnelle), il faut d’abord voir que nous vivons chacun dans notre propre monde et que tout ce que nous exprimons n’est que le reflet de notre vision. Tout comme ce que les autres nous expriment n’est que le partage de leur vision, de ce qu’ils interprètent de notre monde vu depuis le leur.

Pour continuer sur les pensées-expressions de société courantes, et donc les normes, croyances et modes de pensée généralement dominants, qui a décidé que la vie doit être un combat et que nous ne pourrions pas vivre dans un monde joyeux et harmonieux ? Qui a dit que la souffrance est nécessaire pour apprendre ? Depuis quand avons-nous accepté que nos choix ne dépendent pas de nous ? « On a toujours fait… » « On a toujours cru… » Toujours ??

Notre société s’est tellement transformée au cours du dernier siècle qu’aucune de nos bases, aucun de nos modèles ne permet un quelconque recul sur les conséquences de nos choix à moyen et long terme.

Qu’il s’agisse de la gestion de nos déchets, de la production d’énergie, de nos façons de nous habiller et nous comporter, ou de consommer des produits chimiques conçus à la base pour détruire ou détériorer la vie, de favoriser la compétitivité au détriment de la coopération, de privilégier les sanctions plus rentables que la prévention ou que l’éducation à l’autonomie… Même les plus personnels de nos choix sont dictés par des normes de société. Tout comportement ne rentrant pas dans ces normes est encore trop souvent marginalisé et difficile à vivre s’il n’est pas soutenu par l’entourage proche ou par des convictions très profondes.

Faire ses propres choix, pas ceux des autres

Ni ceux de la société…
Décider de se nourrir « sainement » en choisissant de ne plus manger ce qui intoxique notre corps est devenu une maladie mentale répertoriée (l’orthorexie), dans un monde où trouver un fruit est parfois bien plus difficile que de trouver fast-food, soda, café ou cigarettes (faites le test dans un aéroport ou une gare par exemple). « On » s’inquiète facilement pour vous si vous annoncez devenir végétarien, tandis que tout est « normal » si vous invitez à partager un plat de pâtes, un barbecue ou une pizza avec une « bonne bouteille »… Et pourtant avez-vous une idée de tout ce qu’il y a derrière ces habitudes, ou des conséquences autant sur vous-même que pour le reste du monde ? Et oui, les deux sont souvent liés.

En nous « détruisant à petit feu », même sous prétexte de notre « plaisir » comme nous aimons appeler cela, nous faisons exactement la même chose tout autour de nous à plus ou moins grande échelle.

Choisir la voie de la régénération, de la pleine santé, de la « sobriété heureuse », décider de s’occuper de son bout de terrain pour retrouver la connaissance et le goût de ce qui nous nourrit, sont hélas généralement associés à un « retour en arrière » et considérés encore bizarrement pour bien des citadins. La plupart des réflexions autour de l’autonomie, d’un autre modèle de société, de nouveaux choix de vie sont également encore bien souvent écartés d’un revers de main derrière l’argument « on ne peut pas changer le monde ».

Heureusement cela évolue d’année en année et de façon exponentielle. S’il y a bien une chose qui ne peut jamais s’éteindre chez un humain, c’est l’espoir d’un monde meilleur. La seule chose possible fut d’en freiner la mise en place et implanter la croyance que cela n’était qu’une utopie, que le monde ne fonctionnait pas ainsi. Et nous y avons cru jusqu’à ce que quelque chose, peu importe quoi, vienne enfin nous réveiller…

Un mot sur la télévision

La télévision est une machine à semer des graines, ce qui pourrait être une chose magnifique si ce n’était pas en même temps un inhibiteur de nos capacités à agir, agissant par là-même sur notre discernement et donc sur notre libre-arbitre. Comme nous le verrons plus tard, il est bien plus facile que nous ne l’imaginons de planter une idée dans un cerveau, surtout si l’information est répétée encore et toujours, si elle nous parvient dans un moment où notre cerveau est « disponible », en mode réceptif (le processus est extrêmement bien imagé dans le livre de Laurent Gounelle « Le philosophe qui n’était pas sage »).

Il est aujourd’hui impossible au milieu du panorama actuel télévisuel d’échapper au parasitage publicitaire, médiatique, sélectionné que l’on nous impose.

Nous disposons tous d’un pouvoir très puissant : celui de choisir quelles graines nous souhaitons planter et cultiver en nous. Tous ceux que je connais qui ont testé de ne plus avoir de téléviseur me l’ont affirmé : cela a littéralement « changé leur vie » !

J’ai découvert après avoir arrêté de regarder la télévision – et par la suite en sélectionnant toute source d’information qui me parvient régulièrement –, qu’être abreuvé en permanence d’informations sur des faits plus ou moins effrayants sur lesquels nous n’avons aucun moyen d’agir est particulièrement stressant. Nous en venons rapidement à adopter le mode de pensée véhiculé par le média en question, et perdons notre libre-arbitre et notre capacité d’agir : en quelques années nous sommes passés de l’accès à l’information à une sorte d’orientation de nos fonctionnements par le biais de la télévision. Sans télévision j’ai toujours accès aux informations dont j’ai besoin, mais je ne suis plus noyée, je ne suis plus dirigée, j’ai retrouvé une liberté de pensée hors des normes véhiculées – consciemment ou non – par tout média grand public.

De plus, bien des personnes se plaignent de manquer de temps… Si l’on enlève le temps passé devant un écran et qu’on le remplace par quelque chose qui nous plaît vraiment, qui nous épanouit, nous met en joie, dans lequel nous sommes actifs et créatifs, le temps ne passe pas de la même façon et tout notre regard se modifie. Cela pourrait s’appliquer à bien d’autres choses que la télévision d’ailleurs. On se sert de la télévision pour « se détendre », se « changer les idées », se « libérer l’esprit ». Est-ce la meilleure des méthodes ? A chacun de faire son choix. Pour ma part j’ai plutôt opté pour changer mon mode de vie, afin que mes idées n’aient plus besoin d’être « changées » 😉

Nous ne pouvons voir que ce que nous connaissons…

Il est une chose qu’il faut reconnaître : sauf exception, nous ne pouvons voir que ce que nous acceptons comme possible. Quand nous changeons notre façon de penser, que nous ouvrons notre esprit à d’autres possibles, notre regard évolue et nous ne voyons plus les choses de la même façon. Qu’il s’agisse de ce qui se trouve dans nos assiettes ou dans nos médias, dans notre corps ou dans l’univers, dans une idée ou dans un cerveau, nous ne percevons que ce qui est concevable à nos yeux. D’où l’importance de garder l’esprit ouvert, de se nourrir de nouveaux points de vue, de sans cesse mettre à jour ses connaissances et les questionner dès qu’elles ne semblent plus appropriées. Nos pensées sont peut-être nos plus fortes limitations. Heureusement, elles sont aussi d’une facilité déconcertante à remodeler. C’est ce qui se passe tout au long de notre vie, donc autant le faire consciemment et choisir la façon dont nous souhaitons les orienter ! Puisque nos pensées conditionnent notre perception du monde, elles créent incontournablement ce que nous vivrons demain…

<<< A suivre… >>>

 

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“extrait du livre J’ai changé de vie – Pénélope Nazzari – © Smile Book Edition 2017 – www.smilebookedition.com
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Illustration de Anne Rouvin – Tous droits réservés.

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